Pendant les mois d’été, nos animaux se nourrissent principalement d’herbe et d’autres végétaux qui poussent sur la ferme. Au cours des dernières années, la qualité et la quantité de la végétation de la ferme ont connu une baisse significative, ce qui n'est évidemment pas bon pour nos animaux.
En permaculture on dit : le problème est la solution. Nous utilisons ce qui nous dérange de manière constructive, en imitant la nature.
Cette année, nous avons lancé un nouveau concept appelé pâturage régénératif. Nous nous sommes inspirés d'une autre ferme au Québec appelée « Grazing Days », qui applique ce concept à ses troupeaux de bovins depuis de nombreuses années.
Le pâturage régénératif : qu’est-ce que c’est ?
Le pâturage régénératif fait référence au pâturage de troupeaux à haute densité d’animaux herbivores sur de petites zones pendant de courts intervalles de temps.
En fait, les animaux herbivores ont naturellement tendance à rester ensemble pour une meilleure protection contre les prédateurs. Ils se déplacent d'une zone à l'autre en grands troupeaux. En restant sur leur queue (jeu de mots !), les prédateurs forcent ainsi les animaux à se regrouper en troupeaux serrés.
La diversité est ici un élément clé. Premièrement, cela permet une consommation efficace de la végétation parmi les animaux : pendant qu’ils broutent, différentes espèces d’animaux mangent différentes plantes ou différentes parties de la même plante. De même, la diversité fait ressortir des atouts différents chez chaque animal : certains herbivores ont une meilleure vision, d’autres ont une meilleure ouïe ou un meilleur odorat ; certains sont plus alertes, d’autres sont forts ou rapides. Il devient difficile pour les prédateurs de prendre un troupeau mixte par surprise ou par la force brute. Enfin, une fois que le troupeau quitte une zone particulière qui lui est désormais dépourvue de végétation accessible, le fumier et l'urine (engrais) qu'il laisse derrière lui, ainsi que le défrichement de cette zone, permettent à une nouvelle végétation de pousser plus vigoureusement et plus densément, avec diversité végétale renouvelée.
C'est ce qui se passe encore aujourd'hui en Afrique où existent les derniers grands troupeaux d'animaux sauvages (par exemple dans le Serengeti). La même chose s'est produite au Canada il y a environ 15 000 ans, à l'époque du Pléistocène.
Il existe plusieurs projets dans le monde appelés Pleistocene Rewilding. Notre propre ferme Project PACE peut être considérée comme l’une d’entre elles à la plus petite échelle possible.
Nous utilisons une clôture électrique pour garder les animaux en troupeau serré. Nous déplaçons la clôture tous les jours. Nous venons tout juste de commencer cette année, mais nous constatons déjà de bons résultats. Les animaux adorent vivre en troupeau mixte. Chaque matin, ils courent joyeusement vers leur enclos et, le soir venu, retournent dans leurs granges. La qualité et la quantité de végétation ont augmenté par rapport à l'année dernière, mais il faut encore donner un peu de foin aux animaux pour compenser le manque de végétation. Si tout se passe bien, dans quelques années, le foin ne sera plus nécessaire en été !
Nous espérons également améliorer la qualité de nos sols, ce qui peut nous permettre de démarrer d'autres projets intéressants comme l'agropastoralisme, les forêts vivrières, les rizières, les potagers, etc !
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