Forêt nourricière est un type de verger imitant les forêts naturelles. La différence est que dans une forêt nourricière, nous essayons de cultiver autant de plantes utiles à l’homme que possible, tout en maintenant l’équilibre naturel. Une forêt nourricière, également appelée jardin-forêt, comporte généralement sept strates :
- Canopée : Grands arbres fruitiers et à noix
- Sous-étage : Arbres fruitiers et à noix plus petits
- Arbustes : Arbustes fruitiers comme les baies et les cassis
- Herbacée : Herbes et plantes comme le chou kale, la rhubarbe et l’asperge
- Rhizosphère : Plantes-racines comme les pommes de terre, l’ail et les oignons
- Couvre-sol : Plantes comestibles comme les fraises et le trèfle
- Lianes : Plantes grimpantes comme les pois et les haricots
Au Projet PACE, nous avons une petite forêt nourricière sur une colline près de l’étang.
Pour la canopée, nous utilisons actuellement des robinier faux-acacia. Ces arbres poussent très rapidement et remplissent plusieurs fonctions :
- Ils produisent une grande quantité de nectar pour les abeilles
- Ils fixent l’azote pour enrichir le sol et aider les autres plantes
- Ils servent de séparation entre les noyers et les pommiers
- Ils procurent une ombre légère aux couches inférieures
- Ils sont une nourriture appréciée des chèvres et des moutons
- Leur bois est de bonne qualité pour la construction de chemins, de plates-bandes surélevées et d’autres projets
Dans le sous-étage, nous avons des pommiers, poiriers, pruniers, asiminiers, ainsi que de jeunes noyers et chênes.
Dans la couche arbustive, nous cultivons des cassis noirs et rouges, des cerisiers nains, de l’aronia, des argousiers (qui fixent aussi l’azote), des myrtilles et des amélanchiers.
Dans la couche herbacée, nous utilisons des courges et des citrouilles, bien que de nombreuses autres plantes puissent y être ajoutées.
Pour le couvre-sol, nous avons du trèfle.
Nous n’avons pas encore de couche de lianes bien établie et ne cultivons pas de plantes-racines pour le moment.
Nous prenons également en compte les préférences des plantes et le microclimat du site lors des plantations. Sur les pentes sèches exposées au sud, nous cultivons des plantes robustes comme l’argousier et les cerisiers nains. Sur les pentes plus douces, orientées à l’ouest, nous plantons des pommiers, pruniers, poiriers et myrtilliers.
La forêt nourricière évolue au fil de sa croissance. Avec le temps, les chênes et les noyers surpassent les robiniers et deviennent la nouvelle canopée, servant aussi de brise-vent.
Les pommiers, pruniers et poiriers arrivent à maturité et créent un environnement plus propice aux arbustes et aux herbes qui poussent sous leur ombre. Chaque année, le sol s’enrichit en compost, favorisant l’apparition de plantes-racines, de plantes médicinales et de champignons.
En parallèle, des plantes sauvages comme les frênes, les sumacs, l’argousier sauvage ou le panais sauvage trouvent leur place dans le jardin. Pour moi, cela indique qu’il existe des niches disponibles. Par exemple, le nerprun peut être remplacé par l’argousier, les frênes par des arbres fruitiers, et le sumac par des asiminiers. Il y a toujours quelque chose à ajouter dans une forêt nourricière !
Mais ce que je préfère dans une forêt nourricière, c’est simplement le plaisir d’y être et de l’apprécier. C’est observer l’apparition des premières fleurs au printemps, respirer le parfum des robiniers en fleurs, goûter les premières cerises acides et les amélanches, et attendre avec impatience la maturation des premières pommes. C’est un jeu sans fin qui consiste à deviner quelles formes de vie veulent s’installer ici. Plus j’y joue, plus j’aime ça !
.png)
